INTERVIEW / Alain Battard répond à VOS questions !

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Découvrez dans la suite de cette news, les réponses d'Alain Battard, en concertation avec le Conseil d'administration de l'URLC, à 10 grandes questions que se posent actuellement les supporters. Cette interview a été proposée par Eric, un supporter inquiet, comme beaucoup, de la situation financière du club. Il a résumé les interrogations de la plupart des suiveurs de l'URLC.

 
1- Malgré les résultats positifs et les efforts accomplis par la direction, le public peine à revenir en masse au Tivoli. Quelle est votre explication ?
 
Alain Battard : Le public, effectivement, ne revient pas à Tivoli, au contraire. On peut y voir la manifestation de la déception du tour final perdu aux tirs au but contre Audenarde en juin 2012 puis la non-obtention de la licence en mai 2013. Le club subit, comme beaucoup d'autres, les effets de la crise économique qui incite les candidats supporters à regarder deux fois plutôt qu'une à leurs dépenses dites de loisir. Et le foot est une dépense facultative. Sauf pour les fans purs et durs.
 
L'URLC pratique pourtant des prix d'abonnements démocratiques ainsi que des coûts d'accès aux matches parmi les moins élevés de la D3. Le foot belge subit également la concurrence du "meilleur du foot européen" auquel peut accéder, à coût raisonnable, le commun des mortels qui pourrait regarder le même week-end 5 matches du top européen issu des championnats anglais, allemand, italien ou espagnol. Le 16 novembre, à l'occasion du match URLC-Charleroi Fleurus, une double opération (Star du match) sera réalisée pour remplir le stade. C'est une initiative des forces vives du club et de la maison des sports.
 
2- La demande d’obtention de la licence préoccupe pas mal de supporters. Que compte faire le club cette saison ? Qu’en est-il de l’objectif D2 ?

A. B. : L'objectif sportif est d'accéder au tour final. L'équipe a ce qu'il faut pour. Le budget a été revu à la baisse durant le mercato d'été avec une réduction substantielle de la masse salariale et des frais de fonctionnement du club. Sans peser sur sa compétitivité. Le tout est d'amener cette équipe à son pic de forme, ce qui n'est pas encore le cas. Cet effort de rationalisation financière ne sera pas suffisant pour compenser l'impact de la perte de Duferco qui n'est plus sponsor cette saison et les "retards de paiement" de notre autre top-sponsor. La somme prévue contractuellement avec le dit sponsor figure bien au budget mais pas en trésorerie ce qui crée des tensions entre recettes et dépenses. Le verdict du tribunal devrait tomber avant la fin 2013 sur ce dossier.
 
3- En décrivant la situation financière de l’URLC, vous insistez dans votre communiqué sur le terme de « survie ». Comment rassurer ceux qui prédisent déjà une faillite imminente du foot louviérois ?
 
A. B. : On peut parler de saison de survie vu l'importance de la perte (pour Duferco) et de l'absence en trésorerie d'un autre top-sponsor avec lequel un accord contractuel existe. Cette double manne représentait, dans les belles années, près de 50% du budget. Malgré le gros travail sur les axes de réduction des coûts et de dynamisation des recettes (sponsoring surtout), l'équilibre ne pourra pas être atteint sans un nouvel effort tant en recettes qu'en diminution de dépenses. La direction et tous ceux qui vivent le club de l'intérieur vont devoir mouiller leur maillot comme jamais. Cette perspective ne doit pas nous stresser mais nous unir. L'impossible on ne l'atteindra pas mais il doit nous servir de lanterne.
 
4- Le soutien d’un grand club européen pourrait être un moyen de faire évoluer sensiblement l’URLC. Que pensez-vous de cette piste ?
 
A. B. : C'est une bonne suggestion. Notre conseiller sportif, David Lasaracina, a déjà pris des contacts dans ce sens. Une collaboration avec un club français plus proche géographiquement pourrait être aussi envisagée. C'est en unifiant les forces que l'on peut s'en sortir. Tant en interne qu'avec les partenaires extérieurs.
 
5- Le club a-t-il déjà pensé à prendre contact avec un sponsor comme Belgacom ? La Louvière est un club porteur. Et avec un projet béton, une collaboration pourrait voir le jour entre le club et la chaîne Belgacom 11. Pourquoi La Louvière ne pourrait-elle pas devenir une image associée à Belgacom, un peu comme Charleroi l'avait été le temps d'une saison ?
 
A. B. : Belgacom TV sponsorise la Ligue 2 qui porte son nom, mais pas les clubs de D3. Si nous étions en D2 avec des assistances égales ou supérieures à 2000 personnes, nous pourrions comme Charleroi l'avait fait en D2, négocier, en direct un sponsoring avec Belgacom TV.
 
6- Le club évoque souvent les problèmes liés à NLMK et au non-respect des engagements financiers du groupe. Pourtant, les salaires de Kaminiaris, Langlet et Nicaise ont également fait défaut au club. Comme expliquer cela alors que ces trois éléments avaient quitté le club la saison dernière ? NLMK est-il le seul responsable de l'échec financier URLC ? 
 
A. B. : Le club était probablement trop dépendant de ses deux principaux sponsors et de son public. Le sponsoring dit moyen a bien évolué en un an grâce à la mobilisation de tous ceux qui touchent au commercial. Mais le niveau de ce sponsoring moyen est encore insuffisant pour assurer l'autonomie financière du club qui ne peut pas compter sur un mécène, capable de mettre la main à la poche en cas de coup dur.
 
7- Un contexte financier difficile rime souvent avec un effectif sportif revu à la baisse. Comment voyez-vous le mercato hivernal ?
 
A. B. : Le coût de l'équipe actuelle a été nettement revu à la baisse par rapport au coût de l'équipe précédente mais, comme précisé, cette première réduction ne sera pas suffisante pour équilibrer les comptes. Parce qu'on ne se passe pas de 50 % de ses ressources d'un coup de baguette magique. Le mercato hivernal devrait peut-être permettre au club de se délester de quelques joueurs au rapport salaire/temps de jeu insuffisant. Si des clubs de divisions supérieures devaient faire une offre pour un de nos joueurs de référence, elle serait bien évidemment étudiée. Au mieux des intérêts du club. Sans brader mais en étant conscient qu'un club de division 2 ou 3 se doit de vendre un bon joueur tous les 3 ans pour équilibrer ses comptes. Rentabiliser un projet sportif par la vente d'un joueur, ce serait une première à l'URLC dont quelques joueurs suscitent ou ont suscité, l'été dernier, un intérêt de la part de club de divisions supérieures.
 
8- Jamais Loups et Pierrots n'ont autant apprécié un maillot. Le maillot adopté cette saison restera-t-il le maillot phare de l'URLC ou n'était-ce que pour une saison ?
 
A. B. : Le maillot adopté cette saison restera le maillot de l'URLC pour les futures saisons. La direction a oeuvré pour rassembler tous les supporters sur un consensus qui fait presque l'unanimité. Elle a ouvert le débat tabou des couleurs sans complexe et avec le but de rassembler. Le club n'a plus de temps ni d'énergie à perdre dans les conflits. Certains, à la périphérie du club? se sont isolés, marginalisés et décrédibilisés en ne se nourrissant que de l'invective, de la critique sans fondement et de la médisance envers tout et n'importe qui.
 
La grande majorité des supporters partenaires et sympathisants du club a compris que les  problèmes que vit le club sont à 90 % la conséquence de la crise économique mondiale qui a impacté des sociétés régionales fortement impliquées dans le club. Les supporters de la Louvière sont un formidable moteur et atout du club. Les voir soutenir leurs couleurs durant 90 minutes est un booster moral qui nous donne l'énergie pour assumer la période délicate que le club traverse.
 
9- Alain Battard, vous avez su donner un nouveau souffle à l'URLC et professionnaliser un club qui ne l'avait jamais autant été, même au plus haut échelon. Quels sont les facteurs qui vous motiveraient à poursuivre votre projet et votre travail au sein de l'URLC ? 
 
A. B. : C'est gentil de votre part de penser que j'ai amené un nouveau souffle à l'URLC mais ce souffle, il anime plus ou moins tout le monde au sein du club avec des sensibilités et capacités d'action différentes. J'ai été invité à rejoindre ce club dès juin 2012 par David Lasaracina. J'y suis arrivé en août après avoir terminé ma mission à Boussu par la mise en conformité des différents paramètres financiers pour obtenir la licence.
 
David Lasaracina essaie de faire avancer les choses dans son secteur, le sportif. Il a amené à l'URLC des joueurs dits vendables car capables d'évoluer plus haut. Le capital-joueurs d'un club, c'est sa richesse et son bas de laine dans les moments difficiles. La Louvière a la chance ou plutôt a eu le nez pour attirer quelques joueurs qui correspondent à un profil recherché dans des clubs plus huppés. N'oublions pas que si nous n'avions pas eu les problèmes de trésorerie motivés par les dossiers des top-sponsors, probablement que l'URLC aurait accédé à la D2 soit par le titre soit par le tour final. Et le climat aujourd'hui serait différent. Dans le positif s'entend...
 
10- Si vous aviez un message particulier à transmettre aux supporters, quel serait-il ?
 
A. B. : Essayons de rester compact et ne pensons qu'à l'intérêt du club. Toutes les idées sont les bienvenues pour assurer la survie du club qui vit une saison capitale. Même si des erreurs ont probablement été commises à différents échelons, le moment n'est pas aux regrets, aux critiques ni à la recherche du faux bouc émissaire mais à tout faire pour solutionner le problème financier qui empêche le club de progresser. Différentes pistes seront examinées sans exclusive et activées pour garantir la pérennité du club.